  Devant l' Electronic Business Group, le Premier Ministre, Jean-Pierre
Raffarin a présenté le plan RE/SO 2007 en confirmant l'intérêt du gouvernement
pour le sujet, sa confiance dans le rôle des TIC :
L'intégrale du discours du Premier Ministre en texte et en vidéo
est accessible sur la page d'accueil du site internet.gouv.fr
" Les TIC sont porteuses de promesses dans tous les domaines. Leur vertu est
de mettre de la rapidité dans ce qui est lent, de la fluidité dans ce qui est
lourd, de l'ouverture dans ce qui est fermé.
Sur le plan économique : les TIC sont le gage d'une meilleure productivité
et d'une plus grande réactivité. Elles participent d'une dynamique de développement
durable à laquelle nous sommes attachés.
Sur le plan politique, elles sont un moyen formidable de faire tomber
les murs trop nombreux que comporte encore la société française, de s'affranchir
des vieilles hiérarchies, de donner la parole à ceux qui ne l'ont pas. Elles
contribuent également à instaurer de nouvelles relations entre le citoyen et
l'administration ou les élus.
Sur le plan culturel et éducatif, elles nous promettent une société
où l'accès à la culture, au savoir, à l'information sera plus facile et plus
largement partagé. Elles peuvent en outre jouer un rôle décisif au service de
l'influence culturelle, artistique, intellectuelle de la France et de la Francophonie
dans le monde."
Mais La France est encore en retard.
" Durant les cinq dernières années, elle a changé, elle a parfois progressé,
mais elle n'a pas comblé son retard. Selon un récent classement établi par l'UIT,
notre pays ne figure pas dans le classement des 20 pays les plus avancés sur
le plan de la diffusion et de l'utilisation des TIC. Autour de 20% des Français
ont accès à Internet contre une moyenne européenne de 36%. Ce retard est un
handicap pour notre croissance, pour l'emploi et pour notre influence dans le
monde. "
Le projet RE/SO 2007 présenté par le Premier Ministre couvre le plus large
spectre des technologies de l'information et de la communication.
Quelques mots clés pour accèder directement aux thèmes concernés :
Pour une République numérique
En même temps, la société de l'information n'aura de sens que si elle est une
société de l'information partagée, une société de l'information pour tous. C'est
donc une République numérique, fidèle à la devise qui est au fronton de nos
institutions, que nous voulons ancrer dans la société de l'information.
Nous défendrons cette vision d'une société de l'information réconciliant solidarité
et innovation dans toutes les enceintes internationales où le débat sera ouvert
: au niveau européen, naturellement, mais aussi dans le cadre du prochain Sommet
Mondial de la Société de l'Information à Genève en 2003 et à Tunis en 2005 et
partout où la France sera amenée à prendre position sur le développement de
la société de l'information. C'est aussi le projet d'une France ayant fait le
pari de la valeur ajoutée, de l'innovation, de la qualité que je veux porter.
La société que nous pouvons construire, c'est une société dont le " carburant
" est l'intelligence et l'innovation. La France a toujours su puiser en elle-même
ce carburant : elle a les moyens de réussir ce défi.
Adopter une approche réaliste
Dans le domaine des TIC et de la société de l'information, il n'est plus temps
de rêver, il est temps de construire. Notre approche doit donc être à la fois
réaliste et pragmatique. C'est cette approche réaliste et pragmatique que la
France défend en ce moment au niveau européen s'agissant de l'UMTS.
Le Président de la République a écrit il y a quelques semaines à nos partenaires
européens pour les alerter sur la nécessité de s'engager ensemble à recréer
les conditions les plus propices au succès de cette technologie. Notre politique
en matière de société de l'information sera toujours inspirée par ce souci d'être
en phase avec la réalité des usages, des marchés et de la technologie.
Sortir de la logique des grands plans et des grandes lois
[mots-clés]
Dans cette optique, il faut, s'agissant de la société de l'information, sortir
de la logique des " grands plans ", qui créent plus d'attentes qu'ils ne règlent
de problèmes, et des " grandes lois " qui mettent tellement de temps à être
votées qu'elles sont déjà en décalage avec les technologies et les pratiques
quand elles entrent en vigueur. On ne peut espérer anticiper et régler par une
seule loi toutes les situations, tous les usages que feront naître les TIC.
" Je souhaite donc que l'on s'en tienne à des projets plus ciblés, plus
concrets et s'inscrivant dans des calendriers plus serrés". Je souhaite
aussi que l'on aille vite dans le domaine législatif.
Trois textes vont venir préciser les règles du jeu dans la société de l'information.
Ils seront complétés dans les années à venir par un travail d'ajustement régulier
et pragmatique de notre droit à des usages et à un environnement technologique
forcément mouvants.
Un premier projet de loi permettant de régler les principales urgences, et
en particulier la transposition de la directive commerce électronique, sera
donc présenté au Parlement avant la fin de l'année. Je vous en indiquerai les
principales dispositions.
Un second texte, plus axé sur la question de la diffusion et de l'appropriation
des nouvelles technologies, sera présenté par Madame Haigneré au premier
trimestre 2003.
Enfin, ce dispositif législatif visant à ancrer plus fermement la France dans
la société de l'information sera complété par la transposition des directives
" communication électronique " (le fameux " paquet télécom ") au cours du second
trimestre 2003.
Actionner tous les leviers dont dispose l'Etat
Pour ancrer la France dans la société de l'information, l'Etat dispose de trois
leviers : j'entends qu'ils soient tous mobilisés.
- Le premier levier, c'est l'impact que l'Etat peut avoir sur l'offre.
Il appartient à l'Etat de libérer les énergies, créer la confiance et soutenir
l'innovation. Il est de son ressort de construire un environnement favorable
au développement de l'offre d'infrastructures, de contenus et de services.
- Le second levier, c'est l'impact que l'Etat peut avoir sur la demande.
Notre ambition est de construire une société de l'information pour tous. Dans
cette perspective, l'Etat doit contribuer à accélérer la diffusion et l'appropriation
des TIC
- Le troisième levier, c'est l'impact qu'a directement l'Etat en tant qu'acteur
de la société de l'information. L'Etat donnera l'exemple d'un usage large
et innovant des TIC au service de ses missions essentielles.
Agir sur l'offre : Libérer les énergies, créer la confiance
et soutenir l'innovation : construire un environnement favorable au développement
de l'offre d'infrastructures, de contenus et de services
- Libérer les énergies de tous les acteurs contribuant à la construction de
la société de l'information : les mesures en faveur de la création d'entreprises
[mots-clés]
Le premier devoir de l'Etat est de libérer les énergies de tous ceux qui peuvent,
par leur capacité d'engagement et par leur action économique, contribuer à
faire de notre pays le premier pays en Europe pour l'innovation.
Je sais que votre assemblée compte de très nombreux créateurs d'entreprises,
et je n'oublie pas que le secteur des TIC a été l'un des principaux creusets
de la création d'entreprises au cours de ces dernières années.
Pour répondre à vos attentes, mon Gouvernement a souhaité faire de la création
d'entreprises un acte à la fois plus naturel et plus simple. Tel est l'objet
du projet de loi que vient de présenter le Secrétaire d'Etat aux petites et
moyennes entreprises, au commerce, à l'artisanat et aux professions libérales,
Renaud Dutreil.
a) Faire de la création d'entreprise un acte accessible à tous, simple
et rapide L'objectif de ce projet de loi est de faire en sorte qu'il soit
possible de créer en un jour et éventuellement en ligne, une société au
capital minimum d'un euro, domiciliée chez soi pour 5 ans et sans qu'un
éventuel employeur ne puisse s'y opposer.
b) Ouvrir de nouvelles passerelles vers l'entreprise Ce projet de loi
facilite également la pluri-activité, qui permet un passage en douceur
du statut de salarié à celui d'entrepreneur : les clauses d'exclusivité
seront désormais inopposables au salarié-créateur ; les cotisations sociales
seront allégées pour le salarié-créateur qui aura droit au travail à temps
partiel. Ce " sas " de la pluri-activité me paraît, notamment, bien adapté
à la création d'une activité sur Internet.
c) Améliorer le financement des projets : les Fonds d'Investissement
de Proximité et les mesures en faveur des investisseurs providentiels.
Le projet de loi vise également à permettre une mobilisation plus facile
de financements lors de la création d'entreprises.
Les Fonds d'Investissement de Proximité (FIP) prévus par le projet de
loi pourront contribuer à un meilleur développement des projets innovants
au niveau local : je pense notamment aux services Internet de proximité
ou aux contenus éditoriaux en ligne à vocation locale. Je sais que votre
assemblée rassemble beaucoup d'entrepreneurs qui ont souhaité soutenir
des jeunes entreprises en contribuant à titre personnel à leur financement.
Il s'agit souvent d'un soutien déterminant dans la vie d'une entreprise.
Le relèvement du plafond du dispositif Madelin, prévu par ce projet
de loi, vise donc à susciter de nombreuses nouvelles vocations d'investisseur
providentiel. La loi prévoit parallèlement le relèvement des seuils pour
un meilleur traitement des pertes en capital et réduit donc significativement
le risque encouru par ceux que vous connaissez mieux sous le nom de "
Business-Angels ".
d) Rendre plus visible et accessible le système d'aide existant : la
mise en place d'un guide interactif en ligne des aides au acteurs du secteur
TIC Au cours des dernières années, de multiples systèmes d'aides aux entreprises,
aux associations, aux créateurs du secteur du multimédia et de l'Internet
ont été mises en place. Je sais que les acteurs du secteur ont aujourd'hui
le plus grand mal à se repérer dans ce maquis d'aides, peu transparent
et d'un abord complexe, alors même que les aides proposées peuvent être
significatives. C'est par exemple le cas le cas des aides européennes
proposées dans le cadre du programme e-content, dont trop peu d'entreprises
françaises ont bénéficié.
J'ai donc souhaité rendre l'accès aux aides plus transparent et plus
facile : un guide interactif [mots-clés]des
aides aux acteurs du secteur TIC est proposé dès aujourd'hui sur le site
internet.gouv.fr,
géré par mes services.
- Créer un climat de confiance en fixant des règles du jeu claires aux acteurs
et en assurant une protection efficace des utilisateurs
[mots-clés]
Nous savons tous que le développement de la société de l'information dépend
pour une large part de la confiance de nos concitoyens dans les services
qu'elle propose. L'Internet, en premier lieu, ne continuera à se développer
que s'il offre une sécurité à nos concitoyens. Nous ne pouvons d'un côté
inciter les parents et les écoles à offrir l'accès à Internet aux enfants
et, de l'autre, ne rien faire pour en combattre les dérives et les usages
illégaux. Notre démocratie doit avoir les moyens de combattre ceux qui détournent
cet outil pour prôner le racisme et la xénophobie, alimenter des réseaux
pédophiles ou préparer des attentats meurtriers. La police doit avoir les
moyens de travailler et donc d'accéder, sous le contrôle du juge, aux données
qui permettent de les identifier et de les retrouver. Il ne s'agit ni de
censure, ni de dérive sécuritaire, mais bien d'assurer la défense de ces
valeurs et des lois républicaines, dont les Français exigent qu'elles soient
défendues.
Le commerce électronique a, lui aussi, besoin que la confiance existe pour
se développer. Cette confiance n'est pas là aujourd'hui: seuls 12% des internautes
français achètent en ligne, contre 33% des internautes américains. Les peurs
exprimées par les Français à cet égard comporte une part d'irrationnel.
Je voudrais d'ailleurs profiter de cette tribune pour dire aux Français
qu'il est aujourd'hui sûr de payer ses achats sur Internet avec une carte
bancaire, sous réserve de respecter quelques règles élémentaires de sécurité
- et notamment de ne faire ses achats que sur des sites offrant un niveau
de sécurité satisfaisant au moment du paiement en ligne et, bien entendu,
de veiller à s'adresser à des professionnels reconnus. Conscient que nos
concitoyens souhaitent que l'Etat veille à ce que ces conditions de sécurité
ne se dégradent pas à l'avenir, j'ai demandé au Ministre des Finances,
de l'Economie et de l'Industrie de mettre en place un " observatoire
de la sécurité des paiements " qui sera chargé d'assurer un suivi des
solutions de paiement développés par les acteurs du commerce électronique
et d'établir un guide de l'achat sur Internet à destination du grand public.
a) Le projet de loi pour la confiance et la sécurité dans l'économie
numérique
J'ai par ailleurs souhaité que mon Gouvernement mette rapidement un terme
à l'enlisement des chantiers législatifs relatifs à la société de l'information.
Le fait que le Gouvernement précédent n'ait jamais fait aboutir sa " Loi
société de l'Information ", restée 3 ans à l'état de projet, a en effet
créé une situation inacceptable : les entreprises du secteur et nos concitoyens
ont besoin, pour développer leurs activités sur le réseau en toute confiance,
de savoir quelles sont les règles du jeu qui s'y appliquent.
Je sais que vous êtes nombreux - fournisseurs d'accès, acteurs du marketing
électronique, et bien d'autres encore - à attendre cette clarification.
Je me réjouis donc que la Ministre déléguée à l'Industrie, Mme Fontaine,
ait pu rapidement préparer un important projet de loi, qui répond aux
principales urgences identifiées par le Gouvernement et par les acteurs
du secteur.
Ce texte devrait être présenté en Conseil des ministres dès le mois prochain
et être examiné par l'Assemblée début 2003. Pour l'essentiel, ce texte
assure l'adaptation des règles en vigueur à l'économie numérique et transpose
la directive du 8 juin 2000 sur le commerce électronique.
- Premier objectif - Définir les conditions d'exercice de la liberté
de communiquer via les réseaux numériques.
Ce texte vise notamment à régler le problème ancien et délicat de la
responsabilité des intermédiaires techniques. S'agissant des prestataires
d'hébergement, le projet de loi limite la mise en cause de la responsabilité
des hébergeurs à des cas précis, tels que la connaissance effective
de l'activité ou de l'information illicite, cette responsabilité n'étant
engagée qu'en l'absence d'action prompte visant à retirer ou à rendre
l'accès aux informations impossible.
Le projet de loi pose le principe que les opérateurs de télécommunications,
qui se bornent à assurer la transmission d'une communication sans aucune
intervention sur le contenu, ne voient pas leur responsabilité engagée
à raison des contenus qu'ils transmettent. Enfin, il est explicitement
précisé par le projet de loi que les prestataires techniques de l'Internet
n'ont aucune obligation générale de surveiller le contenu des informations
qu'ils transmettent ou qu'ils stockent.
Le projet de loi organise par ailleurs les règles de gestion des noms
de domaines sur l'Internet pour le " .fr " [mots-clés],
éléments essentiels pour assurer, selon une procédure sûre, une identification
simple et claire des services de communication en ligne. Il prévoit
la délégation de la gestion des noms de domaines nationaux à un organisme
désigné par le ministre chargé des télécommunications.
- Deuxième objectif - Définir les règles applicables au commerce
électronique, afin notamment de renforcer les mécanismes de protection
des consommateurs. [mots-clés]
Dans cette optique, plusieurs gardes fous sont prévus :
- l'imposition d'une transparence de l'information à destination
du consommateur, qui a besoin d'être complètement renseigné sur l'identité,
l'immatriculation et sur les coordonnées du marchand électronique
;
- des règles pour encadrer le fonctionnement de la publicité en ligne,
par mail ou plus largement par voie électronique, le texte veillant
à ce qu'elle ne soit pas exagérément intrusive en imposant un consentement
préalable du consommateur ;
- la définition des conditions que doivent remplir les contrats sous
forme électronique s'agissant de commerce électronique et plus largement
d'économie numérique- mesure à laquelle le Garde des Sceaux, M.
Perben, accorde une importance particulière puisqu'elle conditionne
l'entrée véritable de notre droit dans la société de l'information.
- Le projet de loi dispose que presque tous les contrats pourront
être dématérialisés avec la création d'une protection supplémentaire
pour le consommateur. L'acceptation de l'offre par celui-ci doit prendre
la forme d'un " double clic " ou d'un protocole équivalent, accompagné
des informations récapitulatives du contrat, protégeant le consommateur
contre les fausses manipulations. Un accusé de réception rapide de
la commande doit être fourni.
- Troisième objectif - Améliorer la sécurité dans l'économie numérique.
L'un des moyens d'augmenter la sécurité, et donc la confiance, est
l'utilisation de moyens de cryptographie qui permettent d'assurer des
fonctions de signature électronique sécurisée, d'intégrité et de confidentialité
des échanges. Ce projet de loi procède donc à la libéralisation complète
de l'utilisation de la cryptologie, attendue de longue date, tout en
s'accompagnant des mesures nécessaires pour lutter contre l'utilisation
à des fins criminelles de cet outil.
- Soutenir la R&D : des mesures fortes en faveur de l'innovation dans les
TIC [mots-clés]
Notre capacité à jouer pleinement notre rôle dans la société de l'information
et dans l'économie numérique dépendra pour une très large part de notre effort
de R&D dans le domaine des TIC. Par le passé, la France a su s'illustrer par
un potentiel d'innovation exceptionnel en ce domaine (avec la numérisation
précoce de son réseau de télécoms ou le développement du premier réseau télématique
grand public, avec le Minitel). Nous devons tout faire pour reconstituer et
préserver durablement ce potentiel : c'est sur terrain de la créativité intellectuelle
et industrielle que la France peut et doit gagner !
Or, il est aujourd'hui patent que la part des TIC dans l'effort de recherche,
public et privé, est en France et en Europe fortement en retrait par rapport
aux investissements consentis par les Etats-Unis et le Japon :
- en pourcentage : la part des TIC dans l'effort de recherche est de 18%
en Europe et de 19% en France, contre 35% aux Etats-Unis et 34% au Japon
- en volume : l'effort de recherche dans les TIC est de 29 milliards
d'euros par an en Europe et de 5,6 milliards en France, contre 93 milliards
aux Etats-Unis et 49 milliards au Japon.
- Faire des TIC une priorité de notre recherche nationale
Il a donc été décidé que les TIC, comme l'a proposé la Ministre déléguée
à la Recherche et aux nouvelles technologies, Mme Haigneré, constitueraient
dorénavant une des trois grandes priorités de notre recherche nationale.
- Donner une nouvelle dynamique à l'innovation : un projet
de loi en cours de préparation Divers dispositifs doivent par ailleurs
être modifiés ou mis en en place pour créer une véritable dynamique
de l'innovation dans notre pays.
C'est l'objet du projet de loi que j'ai demandé à la Ministre déléguée
à l'Industrie, Mme Fontaine, de préparer et qui sera prochainement
présenté en Conseil des Ministres. Mon objectif est qu'il soit aussi
attractif d'innover en France qu'ailleurs en Europe ou aux Etats-Unis.
- Donner une nouvelle dynamique aux réseaux de recherche existants
Le fonctionnement des réseaux de recherche dédiés au secteur
des TIC (RNRT, RNTL, RIAM, RMNT, RTS) doit par ailleurs être
amélioré, notamment pour s'ouvrir aux PME et mieux prendre en compte
la problématique des usages.
Je me félicite à cet égard de la décision de la ministre déléguée
à la recherche et aux nouvelles technologies, Mme Haigneré, de lancer
prochainement un " laboratoire des usages ", qui visera à intégrer
cette dimension de manière transversale dans nos réseaux de recherche.
- Définir des axes de recherche prioritaires
Il convient de définir des axes de recherche prioritaires, à hiérarchiser
en fonction de leur importance stratégique. Il est indispensable,
par exemple, que la France dédie un effort de R&D particulier :
- aux applications des nouvelles générations de mobiles (2,5G,
UMTS), [mots-clés]
- aux applications et aux technologies de communication sans
fil sur réseau local (WiFi), [mots-clés]
- à l'implémentation de la nouvelle version du protocole IP (IPV6),
[mots-clés]
- ou encore aux technologies liées à la sécurisation des réseaux
et des procédures en ligne.
Agir sur la demande : Accélérer la diffusion et l'appropriation des TIC
: construire une société de l'information partagée, une société de l'information
pour tous.
Le deuxième levier dont le Gouvernement dispose est celui de sa capacité à
agir sur la demande, en mettant tout en œuvre pour accélérer la diffusion et
l'appropriation des TIC dans nos familles, nos écoles et nos entreprises.
Conformément à notre volonté de construire une société de l'information pour
tous, nos objectifs seront de :
- faire en sorte que tous les Français qui le souhaitent soient capables
d'utiliser les services de base de l'Internet et de l'administration électronique
à l'horizon 2007 ;
- atteindre un équipement d'un ordinateur pour 3 élèves dans les collèges
et lycées, d'un ordinateur pour deux étudiants à l'université, et d'un ordinateur
dans chaque famille ayant un enfant scolarisé à l'horizon 2007 ;
- faire en sorte que toutes nos entreprises soient connectées à Internet et
que le nombre d'entre elles pratiquant le commerce électronique ait triplé
à l'horizon 2007.
- Former tous les Français à l'usage des TIC : l'école et les points
d'accès publics, clefs de " l'alphabétisation numérique "
- [mots-clés]Les TIC à l'école
: intégrer l'impératif d'une formation aux outils de la société de l'information
L'école est le socle de la Société de l'Information, elle doit être un
des premiers lieux d'apprentissage des nouvelles technologies. La maîtrise
de l'informatique et de l'Internet devient un passage obligé vers la vie
professionnelle future.
Plus de 55% des personnes actives utilisent l'ordinateur comme outil de
travail, plus des deux tiers des métiers requièrent une maîtrise de l'informatique.
Je souhaite donc que la formation aux outils de la société de l'information
soit complètement intégrée dans la scolarité de nos enfants
- [mots-clés]Les points d'accès
publics : simplifier et renforcer le dispositif actuel pour le mettre
au service de la formation de nos concitoyens aux TIC Pour réduire la
fracture numérique, la formation aux TIC doit être possible à tout moment
de la vie, et pas seulement au cours de la scolarité. Les points d'accès
publics à Internet constituent un dispositif qui doit être mis plus efficacement
au service de la formation continue de nos concitoyens. Il existe aujourd'hui
plus de 2500 points d'accès publics à Internet en France, grâce à l'action
conjuguée des associations et des collectivités locales et au rôle de
l'Etat, à travers la labellisation assurée par la MAPI
[mots-clés]et le programme Cyberbases de la CDC
[mots-clés].
- Ces points publics, qui portent des noms aussi complexes que variés,
sont trop peu connus des Français. Je souhaite que le dispositif actuel
soit, en liaison avec les associations et les collectivités locales
[mots-clés], à la fois simplifié et renforcé. Il convient
en effet de simplifier l'appellation et la signalisation de ces points
d'accès, pour faire en sorte qu'il soit aussi facile de savoir où accéder
et se former gratuitement à Internet que de savoir où l'on peut emprunter
un livre. Les missions de ces points d'accès publics, loin d'être homogènes,
méritent d'être clarifiées.
Je souhaite donc que soient mises en place dès l'an prochain, une appellation
et une nouvelle charte de fonctionnement communes à tous les points d'accès.
Je souhaite également que les points d'accès publics à Internet deviennent
des lieux de formation à l'utilisation des services en ligne de l'administration,
au moment où s'accélère le développement de l'administration électronique.
- Le haut débit [mots-clés]:
accélérer la diffusion et la démocratisation de l'accès rapide et permanent
à Internet , en veillant à ce que l'aménagement numérique du territoire soit
équilibré 1
- Accélérer la diffusion de l'accès à haut débit
Je suis convaincu que la démocratisation de la connexion permanente, et
surtout de la connexion permanente à haute vitesse à l'Internet, est l'une
des conditions pour que la société de l'information et l'économie numérique
tiennent leurs promesses. C'est un passage obligé pour que l'Internet
devienne le 4ème média de masse et un ensemble qui pèse de manière décisive
dans la consommation
Or, en matière d'accès au haut débit, la France accuse un retard conséquent
sur certains de ses partenaires européens : elle ne comptait que près
de 800 000 abonnés au printemps 2002 alors qu'on en dénombrait plus de
2 millions en Allemagne. Seuls 2,6% des Français ont aujourd'hui accès
au haut débit, contre 12% des Suédois, 20% des Canadiens ou 42% des Coréens
du Sud. Je souhaite donc que mon Gouvernement fasse du développement du
haut débit une priorité, pour qu'il connaisse le même succès que celui
du téléphone portable.
Notre objectif, qu'a déjà évoqué le Ministre de L'Economie, des Finances
et de l'Industrie, M. Mer, est que les abonnés à l'Internet haut
débit soient au moins 10 millions dans les cinq prochaines années. Cet
ambitieux objectif est tout à fait réalisable dès lors qu'il est partagé
par tous les acteurs (Gouvernement, autorité de régulation, opérateurs,
industriels) et qu'une concurrence vigoureuse, gage de démocratisation,
s'exerce sur les accès.
Je me félicite que l'une des toutes premières mesures de mon Gouvernement
ait été d'homologuer la baisse des tarifs de gros de l'ADSL négociée entre
France Telecom et l'ART. Il s'agit d'une avancée importante,
qui a permis d'aboutir aux offres autour de 30 euros que l'on trouve actuellement
sur le marché.
Si certains Français trouvent que le haut débit reste cher, ce n'est pas
tant en valeur absolue qu'en valeur relative, parce qu'ils perçoivent
mal les bénéfices réels du haut débit. La clef du succès du haut débit
est en effet pour une très large part le développement de services attractifs,
qui doit rester une priorité de notre R&D et des acteurs du secteur. Elle
repose aussi sur un effort pédagogique pour expliquer l'intérêt du haut
débit, effort qui doit associer Etat, collectivités locales et acteurs
économiques.
- Accompagner l'aménagement numérique du territoire
[mots-clés]
Au-delà des infrastructures traditionnelles, la question de l'accès aux
réseaux de communication à haut débit se trouve au cœur des enjeux de
développement de nos territoires, dont il conditionnera de plus en plus
l'attractivité. Le Président de la République a promis que tout serait
fait pour que l'on puisse accéder à l'Internet à haut débit dans toutes
les communes de France à l'horizon 2007. C'est avec cet impératif à l'esprit
que mon Gouvernement mène actuellement une réflexion sur les modes d'actions
et de financement qu'il convient de privilégier pour mener à bien cette
nouvelle phase de l'aménagement numérique du territoire.
Notre stratégie en ce dernier domaine, que coordonne le Ministre de la
Fonction publique, de la Réforme de l'Etat et de l'Aménagement du territoire,
M. Delevoye, sera précisée en décembre, à l'occasion du prochain
CIADT. Ma conviction est qu'aucune technologie ne doit être écartée ou
à l'inverse privilégiée a priori par l'Etat et les collectivités locales
: ADSL, mais aussi réseaux câblés, UMTS, BLR, faisceaux hertziens, réseaux
WiFi ou satellite sont des outils complémentaires pour offrir le haut
débit partout sur nos territoires.
Je suis également convaincu que les collectivités locales jouent et joueront
encore un rôle important dans le déploiement du haut débit, puisqu'elles
sont fortement impliquées dans le développement des infrastructures télécoms.
Selon le recensement opéré par la Caisse des Dépôts, 129 projets d'infrastructure
haut débit - majoritairement à l'échelle départementale - ont été mis
en œuvre à leur initiative.
Il existe aujourd'hui une ambiguïté juridique qui nous empêche de savoir
clairement ce qu'elles sont exactement en droit de faire. Nous avons donc
saisi le Conseil d'Etat des difficultés juridiques existantes et
nous espérons ainsi être très rapidement éclairés sur le droit actuel.
En outre, des discussions informelles récentes avec les services de la
Commission européenne ont permis de savoir quelles étaient les options
possibles en matière de financement public. En concertation avec l'Autorité
de Régulation des Télécommunications (l'ART), nous poursuivons ces
échanges afin de déterminer le cadre juridique qui doit être appliqué
aux initiatives des collectivités en ce domaine.
- Inciter les foyers et les entreprises à s'équiper
[mots-clés]
- Définir des mesures efficaces pour combler le retard de la France
s'agissant de l'équipement des foyers en ordinateurs personnels
Il n'est pas acceptable que le taux d'équipement de nos ménages en PC
soit l'un des plus bas d'Europe, puisqu'à peine 38,7%, soit 9 520 000
de nos foyers dispose d'un micro-ordinateur. Ce taux dépasse 50% dans
de nombreux grands pays industrialisés et atteint 65% aux Etats-Unis ou
en Suède. Il s'agit d'un frein évident et majeur à un ancrage plus fort
de notre pays dans la société de l'information.
Conformément à l'engagement du Président de la République, le Gouvernement
étudie donc actuellement quelles sont les mesures, notamment fiscales,
les mieux adaptées pour permettre aux familles les plus modestes de s'équiper,
notamment lorsqu'elles ont des enfants scolarisés. Les mécanismes qui
pourraient permettre aux entreprises de contribuer à l'équipement personnel
de leurs employés sont également à étudier.
A cet égard, j'ai souhaité que le dispositif existant en la matière,dont
la durée était initialement limitée à un an, soit reconduit. Afin de déterminer
quels sont les véritables leviers de l'équipement des ménages, je souhaite
qu'une étude approfondie des raisons expliquant le faible équipement des
ménages français soit pilotée par le Ministère de l'Industrie dans les
semaines qui viennent. C'est sur la base des résultats de cette étude
que le Gouvernement déterminera, au cours du premier trimestre 2003, les
mesures à mettre en œuvre.
- Générer une véritable mobilisation nationale autour de la formation
aux TIC à l'occasion de la Fête de l'Internet [mots-clés]
Je souhaite faire de la Fête de l'Internet un grand rendez-vous annuel,
et l'occasion d'une véritable mobilisation nationale en faveur de la formation
de nos concitoyens aux usages de l'Internet.
La prochaine fête, en mars 2003, doit être l'occasion de former à l'Internet
et de faire découvrir les services et les contenus qu'il propose, en particulier
dans le domaine culturel et éducatif, à un très grand nombre de Français.
J'ai demandé à l'administration de participer activement à l'organisation
de cet événement, en liaison avec l'Association pour la Fête de l'Internet
(AFI), qui coordonne les efforts des associations et des entreprises.
Etat, collectivités locales, associations et entreprises, citoyens, doivent
apporter leur contribution à cet événement.
Je préciserai en début d'année prochaine le dispositif mis en place au
sein de l'Etat pour que la fête de l'Internet remplisse ses objectifs.
- Définir des mesures pour combler le retard des PME-PMI
[mots-clés]françaises dans l'utilisation des TIC et
les aider à réussir le virage Internet
Les PME françaises sont également en retard dans l'utilisation des TIC
: seuls 39% de nos PME sont équipés d'un accès à Internet et elles sont
encore trop peu nombreuses à utiliser cet outil pour vendre en ligne,
rester en relation avec leurs clients, etc. Est-il normal qu'on ne recense
en France en 2002 que 20 000 sites marchands pour plus de 2 millions d'entreprises
? Cette situation est à comparer avec celle des Etats-Unis, où 52% des
entreprises ont un espace de vente de produits et/ou services sur leur
site Internet ! A terme, le retard avec lequel les PME françaises négocient
le virage Internet risque de pénaliser gravement la compétitivité de notre
économie.
Je souhaite donc que l'accompagnement des PME dans leur démarche TIC constitue
un axe fort de la politique société de l'information du Gouvernement.
Je souhaite notamment que les dispositifs existant (UCIP, ATOUT)
pour accompagner les entreprises dans leur stratégie d'achat d'équipement
informatique et de présence sur Internet soient améliorés. Il convient
également d'étudier la mise en place d'un réseau d'expertise technique
régionalisé pour améliorer l'accompagnement des entreprises, et de veiller
à ce que les fonds structurels soient mieux mobilisés par les décideurs
Etat et collectivités locales en ce domaine. Enfin, je souhaite que l'ouverture
des réseaux de recherche aux PME-PMI devienne systématique.
Intervenir directement en tant qu'acteur de la société de l'information
: L'Etat donnera l'exemple d'un usage large et innovant des TIC au service de
ses missions essentielles
L'Etat a aussi vocation à intervenir directement dans un paysage où, en tant
qu'acteur, il peut contribuer au développement des services de la société de
l'information, tout en étant le lieu d'un usage large et exemplaire des TIC.
- S'appuyer résolument sur les TIC pour éduquer nos enfants et former nos
concitoyens tout au long de leur vie [mots-clés]
- La prise en compte des TIC dans notre politique éducative sera également
un axe majeur de notre action. Je parle cette fois des TIC non comme objet
d'enseignement, mais comme support pédagogique à part entière.
Le Gouvernement précédent, en donnant la priorité à l'équipement, sans consacrer
suffisamment d'attention à la question de la formation des enseignants et
du développement des supports pédagogiques innovants, n'a pas engagé ce chantier
d'une manière satisfaisante.
Il faut revenir à la question des usages. L'usage des TIC est en effet un
moyen formidable pour améliorer notre service public d'éducation et renforcer
la mission première de l'école comme lieu d'accès aux Savoirs pour tous.
Les priorités affichées par le ministre de l'éducation, M. Ferry, dans
le domaine de la lutte contre l'illettrisme et du soutien aux élèves en difficulté
renforcent notamment le rôle des TIC comme outil au service de la réussite
scolaire. Les TIC peuvent en effet aider à mieux apprendre, à motiver les
élèves. Le ministère délégué à l'enseignement scolaire travaille par ailleurs
dans trois directions essentielles :
- Soutenir les efforts d'équipement engagés par les collectivités locales.
Les efforts devront porter particulièrement sur la rénovation/modernisation
du parc informatique et sur le raccordement des établissements scolaires
aux hauts débits. [mots-clés]
- Favoriser la production, la diffusion de contenus éducatifs (CD-Roms,
sites internet) ainsi que l'usage des nouvelles technologies dans les
enseignements
Il s'agit d'encourager l'ensemble des producteurs de contenus à développer
une offre de services numériques adaptés aux enseignements. L'utilisation
de l'Internet en milieu scolaire doit faire aussi l'objet d'une attention
particulière pour développer les usages et la confiance sur le web
- Renforcer la formation des élèves et des enseignants aux TIC.
[mots-clés]
Il faut rendre obligatoire une formation initiale aux TIC et rendre possible
une formation continue. C'est l'un des enjeux majeurs pour une meilleure
utilisation des nouvelles technologies en milieu scolaire.
- Achever le raccordement des universités au réseau à très haut débit
RENATER [mots-clés]
S'agissant des universités, je souhaite que l'on accélère leur raccordement
au réseau à très haut débit RENATER (une université sur deux sont raccordées
à ce jour), de telle sorte qu'elles y soient toutes raccordées à échéance
2004.
- Assurer une présence forte de l'université et de la recherche française
sur Internet [mots-clés]
Il est également nécessaire que nos établissements d'enseignement et de
recherche assurent une présence forte de leurs formations et de leurs
publications sur Internet : au moment où se constitue une offre mondiale
de formation en ligne très concurrentielle, il est important que l'université
et la recherche française soient en mesure d'y tenir leur place . Il y
va, à terme, de l'influence culturelle, et intellectuelle de la France
et de la Francophonie dans le Monde.
- Faire de l'Internet un support privilégié de la formation continue
[mots-clés]
Enfin, je souhaite que les dispositifs de formation continue s'appuient
aussi largement que possible sur l'Internet, tant pour s'assurer du développement
rapide d'une large offre francophone de formation en ligne que pour mieux
répondre aux attentes de nos concitoyens, pour lesquels la formation en
ligne offre une souplesse inégalée.
- Développer une politique culturelle s'appuyant résolument sur les TIC
et adaptée à la nouvelle donne numérique [mots-clés]
L'ordinateur communiquant est en train de devenir, comme l'a relevé le Président
de la République, la bibliothèque universelle du XXIème siècle. Que deviendrait
notre culture si elle restait étrangère à ce nouveau vecteur mondial d'échanges
entre les hommes ?
Internet peut constituer une chance extraordinaire pour rendre accessible
des savoirs plus étendus, plus variés, à un plus grand nombre de nos concitoyens.
L'Internet, en élargissant et en diversifiant l'offre par rapport à la télévision
ou à la radiodiffusion, représente un véritable enjeu culturel.
En outre, l'Internet est un puissant outil pour faire connaître la culture
française et porter la voix de la Francophonie partout dans le monde. Je partage
donc, avec le ministre de la culture et de la communication, M. Aillagon,
le souhait que soit développée une politique culturelle s'appuyant résolument
sur les TIC et tenant compte de la nouvelle donne numérique. Dans cette perspective,
la politique du ministre de la culture se développera autour de trois axes
:
- Soutenir activement le développement d'une offre de contenus riche
et plurielle sur les nouveaux médias ; L'effort de numérisation des
données culturelles, la création d'un portail de la culture française
sur Internet, la présence accrue des établissements culturels sur Internet
sont autant de chantiers qui répondent à cet objectif.
- Participer à l'encouragement de l'usage effectif des nouvelles technologies
et à leur appropriation sous l'angle culturel par les Français ;
L'équipement des structures culturelles (et notamment des bibliothèques
[mots-clés]) en ordinateurs connectés et la participation
du ministère de la culture à la fête de l'Internet sont les principaux
chantiers à cet égard.
- Veiller tout particulièrement à ce que le développement de ces techniques
se fasse dans un cadre équilibré, respectueux de la légalité et de l'équilibre
économique de ses acteurs. La lutte contre la contrefaçon et le piratage
par voie électronique, ainsi que la création d'un cadre juridique stable
pour les droits d'auteurs sur l'Internet seront les réponses au défi que
nous lance l'ère du tout numérique.
- Utiliser tous les apports des TIC dans le domaine de la santé
[mots-clés]
Les TIC promettent d'extraordinaires applications dans le domaine de la santé
: consultation à distance, transmission de données médicales, formation des
futurs médecins…
Je souhaite donc que notre politique de santé intègre les TIC, dans toutes
les dimensions où elles peuvent apporter un véritable plus à l'administration,
aux praticiens ou aux patients. Jusqu'à présent, le développement de l'informatique
dans le domaine de la santé a surtout concerné la gestion administrative de
l'assurance maladie avec le projet Sesam Vitale et la transmission des feuilles
de soins électroniques. Ce développement doit désormais s'orienter vers l'amélioration
des pratiques médicales, de la prise en charge et du suivi des patients.
C'est pourquoi le Gouvernement souhaite favoriser le haut débit pour les réseaux
d'expertise et impulser le dossier médical partagé. Cela permettra aux équipes
médicales de mieux coordonner les soins prodigués pour le patient et à la
recherche d'améliorer les traitements. Le gouvernement entend développer ce
projet en garantissant la confidentialité et l'anonymat des informations ainsi
recueillies.
- Mettre l'administration à l'heure de la société de l'information: passer
à la deuxième phase de l'administration électronique
Un récent sondage a démontré l'intérêt réel des Français pour le développement
de l'administration en ligne : près de la moitié des Français a déjà eu recours
aux démarches administratives ou y est favorable.
Plus de 80% des internautes ont déjà effectué ou sont prêts à effectuer une
démarche administrative sur Internet. Le fait d'éviter de se déplacer, de
faire la queue et de perdre du temps, la possibilité de suivre son dossier
au jour le jour ou encore la rapidité accrue dans le traitement des dossiers
motivent profondément nos concitoyens. L'administration électronique peut
contribuer fortement, il est vrai, à simplifier la vie des Français.
- Passer à l'étape de la dématérialisation des procédures[mots-clés]
En matière d'administration électronique, le plus simple a été fait :
mettre à la disposition de nos concitoyens l'information publique. Il
faut maintenant, comme le suggère le secrétaire d'État délégué à la Réforme
de l'État, M. Plagnol, passer à la deuxième phase de l'administration
électronique: notre priorité doit être désormais une véritable dématérialisation
des procédures administratives, en commençant par celles qu'effectuent
le plus souvent nos concitoyens.
Pour donner une dynamique sans précédent à ce chantier, je compte demander
à chaque ministère de procéder à la dématérialisation de deux procédures
par an d'ici à 2005, afin que notre pays respecte, et même dépasse, les
objectifs européens ambitieux définis en ce domaine par le plan eEurope
2005.
Je souhaite que soit parallèlement engagée une réflexion sur les changements
d'organisation du travail qu'appelle le déploiement des TIC -le Gouvernement
précédent ayan, comme dans le domaine de l'éducation, trop privilégié
l'équipement au détriment des usages.
La démarche du Gouvernement sera par ailleurs de partir toujours et uniquement
des besoins des usagers , en s'appuyant notamment sur des enquêtes et
des sondages pour déterminer précisément leurs attentes
- Renforcer les moyens dont dispose l'Etat pour mener à bien le chantier
en créant une agence pour l'administration électronique
[mots-clés]
Pour accompagner cette avancée beaucoup plus rapide vers l'administration
en réseau, j'ai souhaité que soit mise en place une agence de l'administration
électronique, dont les missions exactes seront prochainement rendues
publiques. Cette création a pour objectif de remédier à l'éparpillement
actuel entre plusieurs entités du pilotage de ce chantier. Cette agence
sera créée auprès du Premier ministre, et mise à la disposition du Ministre
de la Fonction publique, de la Réforme de l'Etat et de l'Aménagement du
territoire.
- Faire avancer à court terme des chantiers très ciblés et exemplaires
L'action du Ministère en charge de la réforme de l'Etat, conformément
à ma volonté que le travail en ce domaine soit à la fois programmatique
et ciblé, s'organisera dans les mois à venir autour de quelques chantiers
qui répondent à des attentes clairement identifiées de nos concitoyens
Il s'agira en effet de :
- simplifier les démarches de changement d'adresse,
- accélérer les procédures de subvention aux associations,
- développer les services en ligne personnalisés en mettant en place
le site " mon.service-public.fr ",
- développer une politique de guichets virtuels de service dans les
zones rurales.
" Voici les grandes lignes de la stratégie que j'entends mettre en œuvre
avec mon Gouvernement pour ancrer fermement la France dans l'Internet et pour
assurer à notre pays une position de leader européen dans la société de l'information.
Il y a aujourd'hui 10 millions d'internautes, mais il y a 60 millions de
Français.
C'est à cette grande majorité de Français, d'hommes, de femmes, d'entreprises
qui n'ont pas encore franchi le pas, que la société de l'information inquiète,
que nous devons ensemble, acteurs de ce secteur et Gouvernement, nous adresser.
"
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